Les phase de transition, une tranche de vie

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 Les philosophes et théoriciens nous parlent souvent des phases de la transition et expliquent de façon logique ce qu’ils perçoivent comme étapes bien définies dans ce processus humain. Comme je viens de vivre (et vis toujours) un processus assez intense de transition en laissant le Canada pour le Sri Lanka — tout en n’étant pas Sri Lankaise, mais une Canadienne d’origine haïtienne, d’âge un peu mûr pour partir à l’aventure — donc compte tenu de cette expérience un peu inhabituelle, j’ai décidé de documenter les phases de mon aventure en espérant que d’autres s’y reconnaîtront et se sentiront moins seules dans leur propre transition…

Phase 1
Aucune énergie, pas d’idées. Envie de rien, sensibilité à fleur de peau. Rhume, grippes, troubles intestinaux (bon, il y a aussi certains facteurs tropicaux en jeu…). La machine semble tomber en panne. Les psys parlent de burn out. Moi j’ai vécu un excédent d’eau au contraire. Je me sentais baigner dans un liquide opaque. Une larve dont les yeux coulaient facilement.

Parfois un éclair qui rappelle l’acuité intellectuelle d’antan. On se donne le change et donne le change aux autres, mais au fond, on a à peine l’énergie nécessaire pour compléter le déménagement, répondre à quelques courriels et avoir des conversations qui ont une queue et une tête.

Phase 2
Grondement et colère. Envie de tout laisser tomber. Alternance entre le sentiment d’être la victime et l’envie d’étriper son pauvre compagnon qui n’y est vraiment pour rien… ou presque. Tout est vu comme sale, laid, difficile (bon il est vrai que les grandes villes d’Asie ont leurs défauts). Il ne fait pas chaud, la chaleur est étouffante! Les gens ne sont pas souriants, ils vous dévisagent et vous disent oui quand ils savent que c’est non! La grande maison n’a que des problèmes – fuites d’eau, termites (eh oui!), plombs qui sautent régulièrement. En plus, personne ne semble comprendre ce que c’est qu’une consultante en relations humaines! Dans les lunchs d’affaires on me demande quand on pourra rencontrer mon mari! Grrrrrrr, Rien ne va plus.

Phase 3
On est courbaturée à force de résister au changement, mais on commence à voir la lueur au bout du tunnel. On s’intéresse aux regroupements de femmes professionnelles. On pense à un projet de recherches sur le pluralisme qui nous ouvre des portes intéressantes. On sourit enfin à son compagnon. On se fait des amis sur place. On cultive ses contacts et reprend goût à son entreprise. Des idées germent, des possibilités de collaboration avec des Instituts en Asie, et la consolidation de relations d’affaires au Canada. On envisage même d’aller livrer des projets à Ottawa en plein mois de janvier…

Pour le reste, je vous invite à revenir me lire….